Les noix (vendredi, 17 octobre 2014)

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Pendant les longues veillées de novembre et décembre, on cassait les noix avant de les porter au moulin pour en faire de l'huile. De couleur brunâtre, l'huile de noix était utilisée pour la salade. On la mélangeait avec l'huile de colza pour en atténuer le goût très fort, jamais pour la friture puisqu'elle ne supportait pas la cuisson.

 

Le cassage de noix : l'aucale, était prétexte à de joyeuses soirées, émaillées de rires et de chansons. Chacun apportait son marteau et une pierre plate pour ne pas endommager le bois de la table. Les femmes pouvaient emporter les brisures dans leur tablier pour couvrir le feu en rentrant à la maison. C'était une tolérance, comme pour remercier celle qui était venue, ce qui montre à quel point le moindre combustible était précieux.

 

J'ai connu deux huiliers : Manillier à Perrignier et Chevallet à Langin-Bons. Leur matériel a été miraculeusement conservé. L'huilerie de Langin est en état de parfait fonctionnement et vaut la visite : un ensemble impressionnant de poulies, de rouages, de meules, supportés par d'énormes poutres de châtaignier.

Les noix débarrassées de leur coquille étaient écrasées finement dans la conche par une grosse meule de pierre, puis chauffées et pressées une ou deux fois de suite.

 

Bernard Lacroix, Les cahiers du musée n°5

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