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lundi, 31 octobre 2016

A Jean-Michel Lacroix

jean-michel lacroix

Photographie de Jean-Michel Lacroix

 

 

 

 

Rappel:

 

La Toussaint

Nos morts

Sylvie

Toussaint 2015

 

 

 

Cher Jean-Michel,

 

Il y a quelques jours encore, tu lisais ce blog que tu as créé en 2011 avec Marie-Paule Dimet-Mermin, consacré à l'œuvre de ton oncle et parrain, Bernard Lacroix. Dans ton dernier courriel, daté du 7 octobre 2016, tu m'écrivais que tu avais aimé cette note . J'ignore si tu as eu le temps de lire Le Cyprès  de Gustave Thibon publié cinq jours avant ta mort. Rétrospectivement, ces mots prennent un éclat inattendu. "Offrande du soir", offrande pour la Toussaint, ce poème nous relie à toi au-delà de l'absence.

 

 

 

 

jean-michel lacroixAnimé par la force de l'Espérance, tu as fait face à la maladie avec un courage, une élégance qui forçaient l'admiration. Le monde actuel occulte la mort parce qu'il la craint. Toi, tu ne la craignais pas, tu ne l'occultais pas.

Tu auras emprunté bien des chemins de traverse, surmonté bien des obstacles et des peines, vécu plusieurs vies. Tu as été géomètre, puis paysan éleveur de chèvres, fondateur de La ferme des enfants, à Fessy, entreprise qui donnait la possibilité aux enfants des villes de retrouver, à travers l'ancestral métier d'éleveur, le lien charnel avec la nature que notre monde a perdu. Ensuite, tu as été tailleur de pierres, tu as contribué à la restauration de Kilcoe Castle, un magnifique château médiéval irlandais, propriété de l'acteur Jeremy Irons , puis apiculteur, enseignant d'anglais...

Au fil de ce parcours mouvementé, tu es resté fidèle à tes racines. Enfant, tu vivais à Lyon où travaillait ton père, mais tu passais tes vacances à Fessy. Le Chablais des années 50 et 60 n'était pas encore la zone de tourisme industriel ni le réservoir de travailleurs frontaliers qu'il est devenu, et pouvait ressembler au paradis terrestre. L'eau du Foron était pure, les champs et les bois étaient un terrain de découvertes et d'aventures pour toi qui capturais à la main les truites, les grenouilles et les couleuvres. Nul doute que le paradis de l'enfance ait contribué à forger ta conscience de la détérioration − pour ne pas dire du massacre − de la nature et de la beauté, sans attendre que l'écologie soit à la mode.

 

 

 

Tu es toujours resté très proche de ton parrain Bernard Lacroix. Pendant des années, avec ta grand-mère Marie Lacroix-Vernet et ton frère Jacques, tu as assumé la charge de guide bénévole au musée de Fessy. Tous les trois, vous connaissiez par cœur la collection Lacroix. Tu as aussi aidé Bernard à réaliser certaines sculptures. Tu as écrit les commentaires du recueil Croquis Minute.

À partir de 2010, quand la santé de Bernard a décliné, tu as mis toute ton énergie au service du rayonnement et de la pérennité de son œuvre. Tu as créé ce blog, réactivé l'ancienne association Les Amis du musée de Fessy, renommée en 2014 Amis de Bernard Lacroix, dont tu devins le président. Héritier de Bernard avec ta sœur Anne-Françoise, tu as eu la lourde charge de régler sa succession alors que tu étais déjà malade.

 

Cher Jean-Michel, en ces 1er et 2 novembre, fête de la Toussaint et jour des morts, nous te saluons avec affection, dans l'Espérance. L'association Les Amis de Bernard Lacroix continuera ce que tu as commencé avec elle.

 

 

Élisabeth Bart-Mermin

 

 

 

 

 

 

mercredi, 19 octobre 2016

Décès de Jean-Michel Lacroix

jean-michel lacroix

L'église de Rimons dans la brume matinale, photographie de Jean-Michel Lacroix

 

 

 

 

 

L'association Les Amis de Bernard Lacroix a l'immense tristesse de vous faire part du décès de son président

 

Jean-Michel Lacroix

 

survenu lundi 17 octobre, à l'âge de 61 ans, des suites d'une longue maladie.

Ses obsèques auront lieu dans son village d'adoption, Rimons, en Gironde, ce vendredi 21 octobre 2016.

 

 

Neveu et filleul de Bernard Lacroix, Jean-Michel avait fondé ce blog en 2011, réactivé l'ancienne association Les Amis du musée de Fessy sous le nom de notre association actuelle dont il était le président.

Nous lui rendrons hommage dans de prochaines notes sur ce blog.

Nos plus affectueuses pensées et nos prières vont à sa famille et à ses proches.

mercredi, 12 octobre 2016

Le cyprès, Gustave Thibon (1)

gustave thibon,offrande du soir

Vincent Van Gogh, Cyprès dans la nuit étoilée

 

 

 

 

Rappel :

 

Dans la bibliothèque de Bernard Lacroix

L'ombre

La lumière

 

*

 

Sur la colline où se fiance

L'ombre équivoque au rayon pur,

L'arbre élève dans le silence

Son deuil aimanté par l'azur.

 

Qu'importent les heures funèbres

Et le poids de midi vermeil

Si chaque rameau de ténèbres

Nourrit l'essor vers le soleil?

 

Ainsi l'âme obscure et sévère,

Solitaire comme un adieu,

Aiguisant le deuil en prière

Fait de chaque ombre un pas vers Dieu.

 

 

Gustave Thibon, Offrande du soir ( Éditions Lardanchet, 1946)

 

 

gustave thibon,offrande du soir

 

 

mardi, 04 octobre 2016

Dans la bibliothèque de Bernard Lacroix

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Gustave Thibon ( 1903-2001)

 

 

 

 

Dans son atelier ( déménagé en août puisqu'il a été cédé à l'Établissement Public Foncier de Haute-Savoie), Bernard Lacroix avait rassemblé sa bibliothèque dont la diversité reflète sa personnalité atypique, son esprit ouvert, curieux de tout : des livres de poésie, art, histoire, religion, ethnographie, musique, artisanat, se côtoyaient, comme des personnes très différentes mais respectueuses les unes des autres qu'un ami commun aurait conviées à un festin.

Dans ce pêle-mêle savamment désordonné ou mystérieusement ordonné − allez savoir! − un livre à la couverture tavelée par le temps attira mon attention: Offrande du soir, un recueil de poèmes de Gustave Thibon, poète et philosophe. J'avais rapproché la poésie de Bernard Lacroix de celle d'Armand Robin dont il ignorait probablement l'existence; que Gustave Thibon fût entré dans sa vie intérieure n'a donc rien d'étonnant. Nous sommes là dans la zone des grands esprits que Cristina Campo nommait Les Impardonnables, Armand Robin les anarchistes de la Grâce, Maxence Caron, les anarchistes de droit divin, ceux qui ont renoncé aux idoles, à tous les maîtres, pour le seul Seigneur.

 

Le Breton Armand Robin ( 1912-1961), l'Ardéchois Gustave Thibon ( 1903-2001), le Savoyard Bernard Lacroix ( 1933-2015) ont en commun d'êtres nés dans l'ancien monde paysan et d'être restés fidèles à leurs racines. D'une lignée de vignerons, Gustave Thibon est né à Saint-Marcel d'Ardèche; comme Bernard Lacroix, il a vécu toute sa vie dans son village, c'est un autodidacte qui a quitté l'école à treize ans, avec le certificat d'études primaires, pour aider à la vigne familiale alors que son père était mobilisé lors de la première guerre mondiale. Il aura acquis, seul, une immense culture touchant à tous les domaines, littérature, théologie, philosophie, histoire, mathématiques, biologie, économie...

L'œuvre poétique et philosophique de Gustave Thibon, qui lui valut deux grands prix de l'Académie Française, celui de littérature en 1964 et celui de philosophie en 2000, est marquée par l'influence de Simone Weil. Cette immense philosophe d'origine juive,convertie au christianisme, née en 1909 et morte à Londres en 1943 ( plusieurs fois citée sur ce blog), vient en Ardèche en 1941 pour faire l'expérience du travail agricole après avoir fait l'expérience du travail en usine. C'est Gustave Thibon qui la reçoit. Entre ces deux grands esprits se noue une profonde amitié. En 1942, en partance pour l'Amérique où elle devait accompagner ses parents afin de les mettre à l'abri avant de rejoindre le général de Gaulle à Londres, Simone Weil confie à Gustave Thibon  ses Cahiers, un ensemble de réflexions sous forme de fragments, dont il tirera La pesanteur et la grâce, qu'il fera publier en 1947. Cristina Campo traduira en italien en 1951 cet ouvrage majeur, accessible à toute personne en recherche spirituelle.

 

Nous publierons prochainement des extraits de l'Offrande du soir de Gustave Thibon.

 

Élisabeth Bart-Mermin

 

 

samedi, 24 septembre 2016

Les peintres de la Savoie.1860-1980

peintres de la savoie.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Bernard Lacroix figure dans un très beau livre publié aux éditions Neva en 2015, intitulé " Les peintres de la Savoie". Voici un extrait de la page qui lui est consacrée.

 

 

Figure atypique et pleine de saveur que celle de Bernard Lacroix. S'il apprend le dessin et la peinture avec différents maîtres, dont le peintre suisse Stokli, ce peintre, sculpteur, poète, conservateur, organiste, suit vraiment son propre chemin qui l'emmène dans des directions multiples.

Très attentif au monde rural qu'il voit disparaître, il réunit dans son musée d'art et de folklore régional de Fessy, qui est actuellement la propriété du Conseil Général de Haute-Savoie, outils, poteries, objets de piété et meubles qui contribuent à former un conservatoire de la vie paysanne en Chablais au XIXe siècle.

Cet infatigable "ramasseur" de vieux outils abandonnés en destine certains à son cher musée, mais en détourne d'autres pour réaliser un bestiaire enchanté qui manifeste son talent pour la sculpture et l'humour. [...]

 

Anne Buttin, Les peintres de la Savoie,Éditions Neva, 2015

 

 

Neva Éditions

56, allée des Noisetiers

74300-Magland

 

On peut commander ce livre ici.

 

lundi, 08 août 2016

Assemblée Générale 2016

Vierge à l'enfant.jpg

Vierge à l'enfant, sculpture de Bernard Lacroix

 

 

 

 

 

L'Assemblée Générale de l'association Les Amis de Bernard Lacroix aura lieu le

 

Mercredi 24 août 2016, à 20h30, à la salle de réunion de la mairie de Fessy.

 

 

Cette assemblée est ouverte à toutes les personnes intéressées par l'œuvre de Bernard Lacroix et par notre association.

samedi, 23 juillet 2016

Le ciel des humbles, 4

Pèlerinage

 

pèlerinage,notre-dame des vignes de ballaison

 

 

Pèlerinage à Notre-Dame des Vignes, Ballaison

(Photographie de Robert Taurines)

 

 

 

 

Rappel:

Le ciel des humbles, 1

Le ciel des humbles, 2

Le ciel des humbles, 3

 

 

 

Un pèlerinage se fait à pied. On ne peut plus appeler ainsi ces rassemblements autour d'une chapelle, d'une croix ou d'une statue, même si les lieux où elles se trouvent étaient autrefois des lieux de pèlerinage, c'est tout juste si certains ne suivent pas la procession en voiture. De même que l'on n'y va plus pour demander une faveur, une guérison, une réussite... Le croyant d'aujourd'hui n'a plus besoin de grand-chose, il a tout ce qu'il lui faut chez lui ou dans sa poche et l'État subvient à ses défaillances matérielles.

 

Deux ou trois fois l'an on partait en pèlerinage. Les plus fréquentés étaient ceux de la Vierge Noire des Voirons, Saint-Maurice-en-Valais, Notre-Dame des Ermites à Einsiedeln et surtout celui des Allinges sur les pas de saint François de Sales.Tout le monde y allait, croyants ou sceptiques. C'était un divertissement, sortir du train-train quotidien en faisant un bout de route ensemble. On ramenait une image, un chapelet, une médaille qui, par la suite, tapissaient les murs de la chambre à coucher ou garnissaient le petit oratoire familial. Vierges ripolinées, petits saints de plâtre...humbles trophées d'une foi simple et rustique.

 

Bernard Lacroix, Mémoire des jours (Bias, 1990)

 

 

mardi, 12 juillet 2016

Exposition de Jacques Marchand à Nernier

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Nostalgie, céramique de Jacques Marchand.

 

 

 

 

 

 

Comme chaque été, notre ami Jacques Marchand, céramiste, expose à sa galerie de  Nernier ses dernières réalisations.

Cet artiste, qui a installé son atelier et un magasin à Bons-en-Chablais en 1971, expose à Nernier depuis 1976, non loin de l'ancien musée fondé par son ami Bernard Lacroix. Il pratique plusieurs techniques parmi lesquelles le Raku contemporain, technique de céramique née au Japon, au XVIe siècle, de la collaboration entre un maître de thé et un potier, liée à la philosophie zen.

 

Nous vous invitons à visiter cette exposition. Pour nos lecteurs qui ne connaissent Nernier qu'à travers les poèmes de Bernard Lacroix ( qu'on peut relire ici et ), ce sera l'occasion de découvrir ce port lacustre, l'un des plus beaux villages des rives du Léman, chanté jadis par Alphonse de Lamartine...

 

 

 

L'exposition est ouverte jusqu'au 28 août 2016, du jeudi au dimanche de 15h à 19h, et sur rendez-vous.

 

Plus de renseignements ici.

 

E.B-M

vendredi, 17 juin 2016

Le ciel des humbles, 3 .

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Les foins sur les hauteurs de Bons-en-Chablais (Haute-Savoie)

(Photographie de Jean-Nicolas Bart)

 

 

 

 

Rappel:

 

Le ciel des humbles, 1

Le ciel des humbles, 2

 

 

 

Rogations

 

 

Parce qu'il pleuvra trop ou pas assez,

Parce que nos épaules faibliront sous la charge,

Bénissez-nous.

 

Éloignez les nuages à grêle, les orages,

Et les nuits sans sommeil,

Les matins trop vite là.

 

Bénissez notre terre :

Pour que nos épis soient lourds et dorés,

Notre treille vigoureuse.

 

Bénissez la roue que l'ornière casse,

Le cheval qui n'en peut plus,

Le vieux chariot pourri,

L'outil fendu qui échappe et blesse,

La pierre qui fend l'outil.

 

 

Bernard Lacroix, Au vent mûrieux

vendredi, 10 juin 2016

Le ciel des humbles, 2

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Cloître de l'Abbaye Notre-Dame-d'Abondance (Haute-Savoie)

 

 

 

 

Rappel :

 

Le Baroque Savoyard, poème de Bernard Lacroix

Le Baroque Savoyard, 2

Le Baroque Savoyard, 3

Le Baroque Savoyard, 4

 

 

 

Religieux, le Savoyard l'est dans ses racines. La fondation de certains lieux de culte remonte aux Ve et VIe siècles, ceux placés par exemple sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Maurice-d'Agaune...

Les abbayes, les monastères essaimèrent, laissant incontestablement des traces dans le comportement des habitants d'alentour, encore tangibles de nos jours : plus intelligents, plus ingénieux, plus cultivés, plus artistes qu'ailleurs. Les lieux de pèlerinage favorisent les brassages d'idées, les apports matériels, intellectuels et spirituels.

 

Bien que le Savoyard se dise de droite, il l'est plus par atavisme, par principe, par hérédité que par politisation. Il fut de tous temps plutôt circonspect vis-à-vis du pouvoir central. Je le crois volontiers anarchiste.

 

Les croix, les oratoires, les chapelles qui jalonnent nos chemins sont les témoins de notre foi. Ils sont entretenus et soignés, nos gens y tiennent.

Dans nos églises, l'art baroque fleurit, surtout dans les villages de montagne. C'est ainsi que nous voyons l'au-delà, l'art baroque c'est le ciel des humbles.

J'imagine que la vieille femme que nous allons voir un peu plus loin, enfermée dans sa douleur, demande peut-être sa mort. Ses saints et ses saintes à elle ont sans doute les visages lisses et ripolinés des retables exubérants : des anges dorés ouvrent tout grand leurs ailes. La Vierge Marie, dans son manteau bleu étoilé, l'invite de sa main rose à la rejoindre sur le nuage qui la conduira doucement vers la béatitude éternelle. Des chérubins lui montrent le chemin de leurs doigts grassouillets. Des évêques barbus, des chanoines chamarrés, des pages affairés s'apprêtent à lui faire cortège. La montagne est au loin toute petite. C'est ainsi que l'on doit la voir de là-haut, depuis l'invisible sommet où des colombes s'évanouissent, plus haut, beaucoup plus haut, jusqu'au trône de Dieu le Père dont on devine les pieds nus dans l'obscurité de la voûte.

 

 

Bernard Lacroix, Mémoire des jours (Bias, 1990)