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samedi, 24 septembre 2016

Les peintres de la Savoie.1860-1980

peintres de la savoie.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Bernard Lacroix figure dans un très beau livre publié aux éditions Neva en 2015, intitulé " Les peintres de la Savoie". Voici un extrait de la page qui lui est consacrée.

 

 

Figure atypique et pleine de saveur que celle de Bernard Lacroix. S'il apprend le dessin et la peinture avec différents maîtres, dont le peintre suisse Stokli, ce peintre, sculpteur, poète, conservateur, organiste, suit vraiment son propre chemin qui l'emmène dans des directions multiples.

Très attentif au monde rural qu'il voit disparaître, il réunit dans son musée d'art et de folklore régional de Fessy, qui est actuellement la propriété du Conseil Général de Haute-Savoie, outils, poteries, objets de piété et meubles qui contribuent à former un conservatoire de la vie paysanne en Chablais au XIXe siècle.

Cet infatigable "ramasseur" de vieux outils abandonnés en destine certains à son cher musée, mais en détourne d'autres pour réaliser un bestiaire enchanté qui manifeste son talent pour la sculpture et l'humour. [...]

 

Anne Buttin, Les peintres de la Savoie,Éditions Neva, 2015

 

 

Neva Éditions

56, allée des Noisetiers

74300-Magland

 

On peut commander ce livre ici.

 

lundi, 08 août 2016

Assemblée Générale 2016

Vierge à l'enfant.jpg

Vierge à l'enfant, sculpture de Bernard Lacroix

 

 

 

 

 

L'Assemblée Générale de l'association Les Amis de Bernard Lacroix aura lieu le

 

Mercredi 24 août 2016, à 20h30, à la salle de réunion de la mairie de Fessy.

 

 

Cette assemblée est ouverte à toutes les personnes intéressées par l'œuvre de Bernard Lacroix et par notre association.

samedi, 23 juillet 2016

Le ciel des humbles, 4

Pèlerinage

 

pèlerinage,notre-dame des vignes de ballaison

 

 

Pèlerinage à Notre-Dame des Vignes, Ballaison

(Photographie de Robert Taurines)

 

 

 

 

Rappel:

Le ciel des humbles, 1

Le ciel des humbles, 2

Le ciel des humbles, 3

 

 

 

Un pèlerinage se fait à pied. On ne peut plus appeler ainsi ces rassemblements autour d'une chapelle, d'une croix ou d'une statue, même si les lieux où elles se trouvent étaient autrefois des lieux de pèlerinage, c'est tout juste si certains ne suivent pas la procession en voiture. De même que l'on n'y va plus pour demander une faveur, une guérison, une réussite... Le croyant d'aujourd'hui n'a plus besoin de grand-chose, il a tout ce qu'il lui faut chez lui ou dans sa poche et l'État subvient à ses défaillances matérielles.

 

Deux ou trois fois l'an on partait en pèlerinage. Les plus fréquentés étaient ceux de la Vierge Noire des Voirons, Saint-Maurice-en-Valais, Notre-Dame des Ermites à Einsiedeln et surtout celui des Allinges sur les pas de saint François de Sales.Tout le monde y allait, croyants ou sceptiques. C'était un divertissement, sortir du train-train quotidien en faisant un bout de route ensemble. On ramenait une image, un chapelet, une médaille qui, par la suite, tapissaient les murs de la chambre à coucher ou garnissaient le petit oratoire familial. Vierges ripolinées, petits saints de plâtre...humbles trophées d'une foi simple et rustique.

 

Bernard Lacroix, Mémoire des jours (Bias, 1990)

 

 

mardi, 12 juillet 2016

Exposition de Jacques Marchand à Nernier

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Nostalgie, céramique de Jacques Marchand.

 

 

 

 

 

 

Comme chaque été, notre ami Jacques Marchand, céramiste, expose à sa galerie de  Nernier ses dernières réalisations.

Cet artiste, qui a installé son atelier et un magasin à Bons-en-Chablais en 1971, expose à Nernier depuis 1976, non loin de l'ancien musée fondé par son ami Bernard Lacroix. Il pratique plusieurs techniques parmi lesquelles le Raku contemporain, technique de céramique née au Japon, au XVIe siècle, de la collaboration entre un maître de thé et un potier, liée à la philosophie zen.

 

Nous vous invitons à visiter cette exposition. Pour nos lecteurs qui ne connaissent Nernier qu'à travers les poèmes de Bernard Lacroix ( qu'on peut relire ici et ), ce sera l'occasion de découvrir ce port lacustre, l'un des plus beaux villages des rives du Léman, chanté jadis par Alphonse de Lamartine...

 

 

 

L'exposition est ouverte jusqu'au 28 août 2016, du jeudi au dimanche de 15h à 19h, et sur rendez-vous.

 

Plus de renseignements ici.

 

E.B-M

vendredi, 17 juin 2016

Le ciel des humbles, 3 .

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Les foins sur les hauteurs de Bons-en-Chablais (Haute-Savoie)

(Photographie de Jean-Nicolas Bart)

 

 

 

 

Rappel:

 

Le ciel des humbles, 1

Le ciel des humbles, 2

 

 

 

Rogations

 

 

Parce qu'il pleuvra trop ou pas assez,

Parce que nos épaules faibliront sous la charge,

Bénissez-nous.

 

Éloignez les nuages à grêle, les orages,

Et les nuits sans sommeil,

Les matins trop vite là.

 

Bénissez notre terre :

Pour que nos épis soient lourds et dorés,

Notre treille vigoureuse.

 

Bénissez la roue que l'ornière casse,

Le cheval qui n'en peut plus,

Le vieux chariot pourri,

L'outil fendu qui échappe et blesse,

La pierre qui fend l'outil.

 

 

Bernard Lacroix, Au vent mûrieux

vendredi, 10 juin 2016

Le ciel des humbles, 2

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Cloître de l'Abbaye Notre-Dame-d'Abondance (Haute-Savoie)

 

 

 

 

Rappel :

 

Le Baroque Savoyard, poème de Bernard Lacroix

Le Baroque Savoyard, 2

Le Baroque Savoyard, 3

Le Baroque Savoyard, 4

 

 

 

Religieux, le Savoyard l'est dans ses racines. La fondation de certains lieux de culte remonte aux Ve et VIe siècles, ceux placés par exemple sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Maurice-d'Agaune...

Les abbayes, les monastères essaimèrent, laissant incontestablement des traces dans le comportement des habitants d'alentour, encore tangibles de nos jours : plus intelligents, plus ingénieux, plus cultivés, plus artistes qu'ailleurs. Les lieux de pèlerinage favorisent les brassages d'idées, les apports matériels, intellectuels et spirituels.

 

Bien que le Savoyard se dise de droite, il l'est plus par atavisme, par principe, par hérédité que par politisation. Il fut de tous temps plutôt circonspect vis-à-vis du pouvoir central. Je le crois volontiers anarchiste.

 

Les croix, les oratoires, les chapelles qui jalonnent nos chemins sont les témoins de notre foi. Ils sont entretenus et soignés, nos gens y tiennent.

Dans nos églises, l'art baroque fleurit, surtout dans les villages de montagne. C'est ainsi que nous voyons l'au-delà, l'art baroque c'est le ciel des humbles.

J'imagine que la vieille femme que nous allons voir un peu plus loin, enfermée dans sa douleur, demande peut-être sa mort. Ses saints et ses saintes à elle ont sans doute les visages lisses et ripolinés des retables exubérants : des anges dorés ouvrent tout grand leurs ailes. La Vierge Marie, dans son manteau bleu étoilé, l'invite de sa main rose à la rejoindre sur le nuage qui la conduira doucement vers la béatitude éternelle. Des chérubins lui montrent le chemin de leurs doigts grassouillets. Des évêques barbus, des chanoines chamarrés, des pages affairés s'apprêtent à lui faire cortège. La montagne est au loin toute petite. C'est ainsi que l'on doit la voir de là-haut, depuis l'invisible sommet où des colombes s'évanouissent, plus haut, beaucoup plus haut, jusqu'au trône de Dieu le Père dont on devine les pieds nus dans l'obscurité de la voûte.

 

 

Bernard Lacroix, Mémoire des jours (Bias, 1990)

 

 

 

 

mardi, 31 mai 2016

Le ciel des humbles, 1

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Photographie de Robert Taurines

 

 

 

 

 

La croix du chemin est un autre bachal, une autre source tout aussi fidèle, tout aussi insistante et devenue tout aussi dérisoire. Ici-bas, on ne souffre plus, le paradis est sur terre.

 

L'homme ne croit plus qu'en lui-même. Dès son premier souffle, il s'engouffre sur le chemin de la mort, oubliant qu'elle est au bout.

 

Voit-il encore la montagne? Voit-il ces nuages inquiétants?

 

Il file, alors que rien ne le poursuit ; passe ses joies avec sa voiture ; s'empiffre des poisons qu'il engendre ; laisse derrière lui des traces nauséabondes d'un progrès qui a tout inventé, sauf le bonheur.

 

 

 

Bernard Lacroix, Mémoire des jours, (Bias, 1990)

 

 

 

mercredi, 18 mai 2016

Le château d'Avully

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Le château d'Avully, Brenthonne (Haute-Savoie)

 

 

 

 

Non loin du château de Buffavent, sur la commune de Lully,  se dresse une autre maison-forte, le château d'Avully, situé sur la commune de Brenthonne, construit au XIVe siècle. D'abord propriété de la famille de Boëge, l'édifice passe à la fin du XVe siècle aux mains de la famille de Saint-Michel, genevois convertis au protestantisme. Antoine de Saint-Michel, baron d'Avully, reviendra au catholicisme en 1596 . Il est le premier seigneur chablaisien converti par saint François de Sales lequel résidait alors au château d'Allinges.

C'est  la famille de Sales qui rachète le château au milieu du XVIIIe siècle et l'abandonne en 1896. Dans les années 1950, il tombe progressivement en ruines jusqu'à ce que Jean Guyon le rachète et commence à le restaurer en 1971. Il est classé Monument Historique en 1974. Aujourd'hui, Michel et Pierre Guyon poursuivent l'œuvre de leur père.

 

Désormais magnifiquement restauré, le château est ouvert au public pour des expositions, concerts et manifestations culturelles:

 

Dimanche 22 mai 1976, à 17h, récital de musiques tzigane et viennoise:

 

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Expositions juillet-août 2016 de 13h à 18h:

 

Charlemagne d'après le roman féodal de Girart de Vienne


Les Fables de La Fontaine

 

Sculptures de Greta Zluhan

 

 

Renseignements:

Courriels: info@chateau-avully.com

Site: http:// chateau-avully.com

mercredi, 11 mai 2016

Du patois au galimatias. (Lettre à madame Vallaud-Belkacem)

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Il fut un temps, préhistorique pour les jeunes générations, disons fin XIXe -XXe siècle, où l'École Républicaine avait l'ambition d'apprendre à tous les petits français la langue de leur pays. Le but n'était pas de faire de chaque enfant un futur académicien mais qu'il maîtrise l'orthographe, la grammaire et le vocabulaire de base. Le prix à payer fut relativement lourd pour les enfants du peuple : l'abandon de leur langue natale, régionale, c'est-à-dire leur patois. 

En ce temps là, la République n'y allait pas de main morte : s'ils parlaient le patois à l'école, les récalcitrants subissaient des sanctions qu'on jugerait aujourd'hui humiliantes, comme le raconte le Breton Pierre-Jakez Hélias dans Le cheval d'orgueil, récit de son enfance publié en 1975.

Il faut relire aussi cette anecdote pleine d'humour racontée par Bernard Lacroix : les écoliers savoyards avaient du répondant!

Les méthodes coercitives de l'École d'antan furent efficaces. Dans toutes les régions de France on intériorisa l'idée que parler le patois c'était arriéré, demeuré, "plouc". Les patois devinrent, comme le grec et le latin, des "langues mortes".

Toutefois, depuis les années 70, l'émergence de courants régionalistes a favorisé la prise de conscience de la richesse des langues régionales et, dans plusieurs régions de France, celles-ci sont désormais enseignées à l'université en même temps que la mondialisation tend à faire disparaître de nombreuses langues. Vous pouvez constater ici que notre langue, le francoprovençal ou Arpitan, dont nos patois savoyards sont dérivés, est en danger.

Pourtant, on peut penser que l'apprentissage des langues régionales pourrait favoriser l'intérêt, le goût pour les langues. Songeons à l'exemple du grand poète et fabuleux polyglotte Armand Robin qui, pendant les sept premières années de sa vie ne parla que le fissel, un dialecte breton.

Aujourd'hui, l'École de la République prend un chemin inquiétant, voire angoissant, celui du mépris des enfants du peuple qui n'ont pas droit à un enseignement de qualité, à l'éducation par l'effort, à l'accès à des cultures savantes. La réforme des collèges 2016 fait disparaître l'enseignement du grec et du latin, pour ne citer qu'un exemple de son catastrophique programme. Quant à la réforme de l'orthographe... mieux vaut en rire qu'en pleurer, et apprendre à la maison, à nos enfants ou petits-enfants, l'orthographe si complexe de notre belle langue pour leur laisser la chance de pouvoir lire un jour nos poètes, écrivains et penseurs. Du patois que la République a voulu jadis éradiquer, on va tout droit au galimatias pour tous comme le suggère cette lettre hilarante à madame la ministre de l'Éducation Nationale que Jean-Claude Fert m'a envoyée. Un grand merci à lui.

 

Élisabeth Bart-Mermin

 

 

CHAIR MADAME VALLO BELLEQUASSEME

 

Najat, vous perméter que je vous appel Najat, in? Je suis comptant. Je suis d'accort à sans pour sans avec la raiforme de' lortograf. Enfaim kelk 1 qui nous a comprix. Je nan pouvez plus du prof de fransé qui nous parle toujour de Cornaye, hauteur qui est deja maure. Moi qui n'arrive pas a terminet le dernier Musso! Il paré que vous avez soustenu la téaurie du janre. Cé quoi sa? Abiyer les garsons en fille? Vous dépasser les baurnes. Mais vous avez rézon. Les maux sont trot conpliké. Tous ses axan nainportou, c'été une turi. Depui la maternaile, les dictez son mont cochemarre. Heureuseumand que les naute ont tété suprimais. Avent, javez des bultains grave. Vous avez changer toussa. An plusse, sur Kanal vous aitié vrémant jantyee avaique un barebu. Par pitiez, ne féte pas come votre colaig Kristiann Tobiraz, ne kiter pas le gouvairnemans. J'éme bocou votre sous-rire. Dézormai, il est clair mes journez. J'avous , il y a des foies ou je saiche les colles. Ne le raipété pas a ma maire. Elle manpecheraie de regerdez Ze Voillece. Sept un secré entre nous.

Vous aite la mayeure ministre. Mairsi de nous zanlevez cé trés d'union qui son tinutil.

Jé une favœur a vous deuxmandez. Mintenand, je voudré fer 1 staje dans vos buros rue de Grrrnell. Vous savet, grasse avou, je vé bientaut avoir mon back lé doa dans le né. Cé mairvéyeu. Sa cera un trait bo kado pour mé 23 zan.

Je vous quiffe.

 

 

samedi, 23 avril 2016

Les gestes de la matière

mémoire des jours, artisanat traditionnel, robert taurines

Photographie de Robert Taurines

 

 

 

 

"Une civilisation qui ne laisse pas de traces est une civilisation perdue."


Bernard Lacroix

 

 

 

 

L'industrie moderne n'a plus besoin de mains. Les choses se font toutes seules, au gré d'une mécanique programmée. Ce qui en résulte est sans vraie beauté, sans personnalité, sans charme, sans élégance... et ne sert, après usage, qu'à alimenter les décharges publiques.

Une civilisation qui ne laisse pas de traces est une civilisation perdue. Cet appétit que nos contemporains ont de plus en plus pour une autre qualité de travail, devrait faire réfléchir ceux qui régentent notre destin. On a tué le petit artisanat tout simplement parce qu'il échappe, en partie, aux regards d'une administration de plus en plus omniprésente.

Il y avait, autrefois, des mains de paysans, des mains d'ouvriers, des mains de ménagères... Aujourd'hui, tout le monde a, à quelque chose près, les mêmes mains flasques, blanches, propres, des mains qui ne savent rien faire de leurs mains et qui ne savent plus donner non plus, ni salut, ni chaleur, ni caresses.

Avec la disparition de l'artisanat traditionnel, c'est tout un état d'esprit, une philosophie, un tour de main, un savoir-faire à jamais disparus. Les vieux savoirs ne s'apprennent pas, ils se communiquent, qui va assurer la relève ?  Car, à n'en pas douter, on reviendra à l'amour de ces objets dont la forme est dictée par le geste, par l'usage que l'on en fait, cette beauté faite de retenue, de simplicité, d'élégance, ce modeste décor qui vient en adoucir la rigueur fonctionnelle. La plus ordinaire des poches à écrémer le lait pourrait inspirer les plasticiens modernes.

Enfant, je me faisais encore plus petit pour contempler mon voisin menuisier au travail. J'ai appris ainsi ce qu'avoir de l'or dans les mains voulait dire, ce qui devenait en un rien de temps une planche anodine tenait pour moi du miracle. C'est de ces moments inoubliables que j'ai gardé une véritable admiration pour ceux qui savent faire quelque chose avec leurs doigts.

Quand le menuisier est mort, on a jeté ses outils à la poubelle et fait de son atelier un garage à voiture. J'y vois très bien encore, en passant, l'endroit où il y avait la scie à ruban, l'établi, le fourneau à sciure, le petit tas de copeaux frais, la réserve de bois d'ouvrage... et je me dis en moi-même : quand je disparaîtrai à mon tour, on va bien vite se débarrasser de ce qui semble, pour les héritiers, un héritage encombrant. Le menuisier est mort deux fois. Bientôt, il n'y aura plus personne pour se souvenir du ronronnement mystérieux des machines, du bruit des marteaux sur des clous dociles, du chuintement lancinant de la scie... et, tout autour, la silhouette affairée d'un homme qui prit possession un jour de son atelier comme le moine prend possession de sa cellule, la même vie rangée et silencieuse que rien d'autre que le labeur ne put divertir.

 

 

Bernard Lacroix, Mémoire des jours (Bias, 1990)